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Communiqué de presse / L’État de la planète magazine (World Watch)




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COMMUNIQUÉ

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Madame, Monsieur,

Malgré une interruptin de 18 mois, avec 31 numéros publiés, le magazine en ligne L’état de la planète est devenu une référence en matière de développement durable.

Vous êtes journaliste, éditeur d’un journal, rédacteur responsable d’une lettre d’information, du journal de votre quartier ou de celui de votre université ? Nous vous invitons à reprendre le matériel publié dans L’état de la planète magazine, en particulier le résumé des principaux articles de notre Communiqué de presse.

En échange nous vous demandons de donner clairement la source de l’information, en mentionnant notre site, ou, si vous le pouvez, en imprimant notre annonce après téléchargement.

Il n’y a pas de "petits journaux" lorsque l’information est juste, et qu’elle contribue à faire émerger des sociétés pourvues d’économies durables et plus humaines. De nombreux quotidiens et périodiques de toutes tendances n’hésitent pas à faire référence aux publications de l’Institut Worldwatch.

Benoît Lambert, rédacteur en chef


L’État de la planète, mai-juin 2008, n° 31.

Edito Énergie, y’a de la marge !

par Benoît Lambert

À l’exception de quelques géologues, Ghawar, Safaniya, Cantarell sont des noms que le plupart des francophones ignorent. Ces champs de pétrole ont pourtant permis au monde d’avoir, pendant des années, du pétrole bon marché, mais cette époque prend fin aujourd’hui. Ghawar est le géant des géants : avec une production de 4.8 million de barils par jour, ce champ représente la moitié du pétrole produit par l’Arabie saoudite ou le double de la production norvégienne. Ghawar fut découvert en 1948 et la production y a commencé 3 ans plus tard. Safanyia est un champ pétrolier au large des côtes du même pays : dans des conditions souvent caniculaires, on y produit 2 des 86 millions de barils consommés quotidiennement dans le monde. Cantarell se trouve également au large, dans le Golfe du Mexique. En 2004, il produisait 2.4 millions de barils par jour, 1.7 million l’année dernière, 1.1 aujourd’hui...


Les renouvelables en Europe, un jus très maison

par Craig Morris traduit de World Watch

Pourquoi les États-Unis, ensoleillés et venteux, sont-ils si loin derrière une Allemagne nuageuse et calme dans la production d’électricité renouvelable ?

Georg Schürer vit dans la banlieue de Fribourg-en-Brisgau, une cité vieille de 900 ans perchée à la lisière de la Forêt-Noire. La maison de Monsieur Schürer, solide et confortable, est presque impossible à distinguer de celles qui l’entourent dans la communauté de Vauban. La maison mitoyenne de trois étages a de grandes triples fenêtres orientées vers le sud, un petit jardin, un hangar, et des panneaux solaires couvrant tout le versant sud du toit.

Bien que Fribourg-en-Brisgau soit considérée comme la ville la plus chaude d’Allemagne, le pays dans son ensemble n’est pas vraiment réputé pour son ensoleillement. Pourtant, les panneaux solaires couvrant le toit de Schürer n’ont rien d’inhabituel, grâce à la politique énergétique allemande appelée Feed-in Tarrifs (FIT, en français « Tarifs d’achat garantis »). Les FIT ont démocratisé la politique énergétique, offrant l’opportunité à de simples particuliers, ou à des entreprises, d’investir directement dans les énergies renouvelables. Les États-Unis ont eux aussi des politiques d’encouragement visant à promouvoir ces énergies, mais elles ont largement favorisé les producteurs d’électricité, laissant de côté les petits acteurs. Bien que certaines centrales solaires, disséminées de Saarbrücken à l’Etat de Saxe, aient la dimension de terrains de football, la moyenne des installations avaient, en 2006, une vingtaine de panneaux, de la taille d’un dessus de table chacun. L’avance de l’Allemagne dans l’énergie solaire n’est clairement pas due qu’aux grandes centrales électriques, mais bien aux toits de particuliers comme Georg Schürer.


Climat favorable à l’énergie solaire

L’énergie solaire thermique à grande échelle pourrait connaître un développement fabuleux.

par Susan Moran et J. Thomas McKinnon traduit de World Watch

Quiconque survole les surréalistes lueurs irisées de Las Vegas à la nuit tombante comprend aussitôt pourquoi l’Etat du Nevada est devenu une métaphore de la crise énergétique à laquelle les Etats-Unis sont confrontés. L’appétit de la ville pour l’électricité - qui n’a d’égal que celui de ses visiteurs pour l’indulgence charnelle - est insatiable. On se trouve ici dans le comté de Clark (Nevada), le comté qui connaît le deuxième taux de croissance des Etats-Unis. Les deux entreprises publiques du Nevada estiment que l’État connaîtra une pénurie d’électricité de 2’100 mégawatts d’ici 2016 si aucune nouvelle infrastructure n’est construite d’ici là.

La perspective d’un avenir assujetti aux carburants fossiles dans un endroit comptant parmi les plus ensoleillés du monde a de quoi choquer beaucoup de monde, dont Harry Reid - le leader de la majorité au Sénat, et qui s’est engagé contre la construction de nouvelles centrales au charbon - qui juge cette approche ridicule. C’est la raison pour laquelle le Nevada s’est imposé non seulement comme le principal bastion des opposants au charbon, mais aussi comme la nouvelle aire de tests pour la production d’électricité solaire thermique de dimension industrielle. Ses défenseurs pensent que cette méthode de production peut, et devrait, devenir une partie importante, parallèlement à d’autres sources d’énergies renouvelables, de notre avenir énergétique.

La technologie thermique, également appelée énergie solaire par concentration, utilise de grandes surfaces de miroirs pour concentrer la lumière du soleil et produire ainsi de la vapeur, qui fait tourner la turbine d’un générateur conventionnel. Par comparaison, les systèmes d’énergie photovoltaïque, utilisés principalement sur les toits, permettent à l’énergie provenant de photons solaires de produire un débit d’électrons en utilisant des semi-conducteurs. L’ énergie solaire par concentration - on utilisera ici l’abréviation anglaise CSP (Concentrated Solar Power), couramment utilisée dans toutes les langues par les spécialistes - produit de l’énergie par « pointes » pour alimenter des pics de la demande à la mi-journée. Les CSP répondent ainsi entre autres à la demande en air climatisé, mais pour peu que l’on ajoute une réserve thermale, l’énergie peut être stockée et servir à des usages bien postérieurs au coucher du soleil. Cette possibilité pourrait permettre de dépasser l’un des principaux obstacles au déploiement de l’énergie solaire à large échelle.


L’incroyable recul de la forêt tropicale amazonienne

Mais le rythme des pertes s’accélère-t-il ou décline t-il ?

par Tim Hirsch traduit de World Watch

Les nouvelles en provenance du bassin amazonien semblent ne jamais être bonnes. Pour nous faire saisir l’importance de la déforestation infligée aux forêts tropicales, les récits et les reportages utilisent des comparaisons avec les États américains ou d’autres pays du monde : ainsi, depuis 1970, une surface de forêt tropicale équivalant à la taille du Texas a été perdue ; durant la pire année de la déforestation, 1995, une surface de la taille de la Belgique sous les assauts répétés des tronçonneuses et des allumettes.

En plus de mettre simplement l’accent sur l’échelle des plus grandes forêts tropicales dans le monde - même la perte d’une surface comparable à celle du Texas laisse la forêt intacte à plus de 80 % -, ces comparaisons sont très utiles parce qu’elles permettent aux citoyens inquiets de juger ce qui se passe vraiment en Amazonie. Ce qui préoccupe la majorité des gens est de savoir si la déforestation est sous contrôle ou si cet écosystème magnifique est condamné à un déclin inéluctable, avec toutes les implications pour les millions d’espèces uniques qu’il abrite, pour la survie de cultures indigènes précaires et pour le climat planétaire.

Une meilleure façon d’appréhender cette question consiste à observer les tendances dans le temps. Avec cette méthode, les nouvelles des dernières années laissent percer une lueur d’espoir (voir le graphique). Les données sur la déforestation annuelle pour l’Amazonie brésilienne révèlent une nette diminution du rythme de la déforestation au cours des trois dernières années. Après avoir atteint un sommet de plus de 27’000 kilomètres carrés en 2004, ce chiffre est tombé à « seulement » 11’000 kilomètres carrés entre le 1er août 2006 et le 1er août 2007, la période de référence utilisée pour la publication des données provenant de satellites et pour les comparaisons annuelles.


Politiques environnementales et marchés de dupes

Les décideurs politiques prétendent s’appuyer sur de certitudes alors que la science opère presque toujours dans des nuances de gris. Le résultat de cet affrontement peut miner l’intérêt du public.

par William Freudenburg, Robert Gramling et Debra Davidson traduit de World Watch

Le 21 décembre 2004, un groupe de travail américain du gouvernement fédéral a rendu public son rapport final concernant des propositions visant à permettre aux citoyens américains d’importer du Canada des médicaments sur prescription. Parce que le groupe de travail « ne pouvait être certain » que les médicaments importés seraient sûrs, ses membres ont recommandé que la pratique demeure illégale.

Le lendemain, une autre agence fédérale, le Service des forêts, a décidé qu’elle ne pouvait déterminer avec certitude si la coupe de forêts était mauvaise pour l’environnement. Elle élimina donc des plans forestiers les exigences induites par les Déclarations d’impacts environnementaux et pour la protection d’espèces « viables » lors de la coupe de forêts.

Ces deux annonces se faisant suite illustrent l’importance d’une réalité souvent sous-estimée : plusieurs décisions d’agences « scientifiques » se fondent non pas sur de faits scientifiques éprouvés, mais sur des incertitudes scientifiques troublantes. Un jour, les autorités décident que l’incertitude constitue un risque trop important concernant l’importation de médicaments ; le lendemain, d’autres responsables décident que l’incertitude signifie que la coupe de forêts est sûre. Il en va ainsi de milliers de décisions chaque jour. Malgré une demande croissante des éclairages de la science, l’élément principal des conclusions des études est toujours à la base de la décision que prendra une agence lorsqu’elle n’a pas la certitude de savoir si quelque chose est sûr ou non.

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