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24-11-2008 Le moustique, le climat et la mort
La malaria, ou paludisme, a considérablement progressé. Elle est responsable de 150 000 morts/an de plus que durant les années 70. D’après un récent rapport publié par l’Institut Lowy de Sydney, cette dramatique recrudescence est liée au changement climatique et touche de manière inquiétante l’Asie du Sud-Est et les îles du Pacifique Sud.
L’expansion du moustique vecteur et du Plasmodium, le tristement célèbre parasite responsable de la malaria, est favorisée par l’augmentation des températures et des précipitations. La malaria touche désormais des zones jusqu’alors non infestées. D’après l’OMS, le risque y est notoirement accru car aucune résistance aux parasites ne s’y est développée et les populations, comme les services publics, connaissent mal cette maladie.
La population humaine est aussi un vecteur du parasite
Mis à part le moustique, un autre important facteur de diffusion de la malaria est la population humaine elle-même. Le Plasmodium a besoin des deux hôtes pour se développer. Son cycle est assez complexe, ce qui, en l’occurrence, lui confère une efficacité remarquable.
Lorsqu’elle est porteuse du parasite, une femelle de moustique, du genre Anophèle, peut infecter l’homme par une simple piqure. Une fois dans le corps humain, le parasite se développe en plusieurs phases et peut parfois rester en dormance. Lors des crises, le Plasmodium passe dans le sang et détruit les globules rouges, ce qui provoque les fièvres et parfois une anémie qui peut causer la mort. C’est dans cette phase sanguine que le parasite poursuit son développement et évolue vers sa reproduction. A ce stade, il ne pourra pas survivre plus de 20 jours dans l’organisme humain et va devoir reprendre son cycle chez le moustique. Si une Anophèle pique la personne infestée durant cette période, cette femelle moustique deviendra porteuse du parasite et, à son tour, pourra le transmettre à d’autres humains.
Ainsi, la progression de la malaria est favorisée par les déplacements de personnes. Le lien entre cette aggravation et le réchauffement climatique est, dès lors, tant environnemental que social. Le moustique trouve de plus en plus de zones adéquates à son développement, et le parasite qui voyage, via le « réservoir humain », fait la conquête de nouveaux espaces où il pourra se développer. En plus des migrations et du tourisme, de plus en plus de personnes doivent quitter leurs terres d’origine, forcées par la montée des océans et les aléas climatiques. On a vu, déjà, à Tuvalu, un atoll de Polynésie, des milliers de gens laisser leur village englouti par la mer pour se rendre en Nouvelle-Zélande. L’expansion du paludisme est un de ces effets indirects, aggravant d’autant le problème des réfugiés climatiques.
Les nations les plus pauvres, possédant de faibles infrastructures de santé, risquent d’être très gravement touchées. Mais des pays comme la France ne sont pas à l’abri.
La malaria tue 2 millions de personnes chaque année, principalement des enfants. Les prévisions de l’Institut Lowy annoncent que ce chiffre pourrait plus que doubler d’ici à 2050.
Elisabeth Leciak
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